Le fait d'avoir des idées est louable quand celles-ci sont bonnes, pouvoir les réaliser est déjà bien moins évident, mais il faut éviter de raconter n'importe quoi. Pour inventer du matériel soit disant robuste, maniable et sans danger (désir que tout le monde aimerait réaliser et que moi le premier j'approuve) encore faut-il avoir quelques connaissances du sujet, le faire dans une optique professionnelle et non le concevoir comme un vulgaire bricolage car ensuite il faudra, en cas d'accident, en assumer la pleine responsabilité.

Je viens de visiter un site sur Internet où une personne dont je peux révéler l'identité puisqu'il en est le créateur, tout comme le bâton de self-défense dont il fournit les explications détaillées des différentes étapes de sa fabrication ainsi que les matériaux utilisés en vue de sa réalisation. Il s'agit de monsieur Teddy de Baere pratiquant de krav-maga et le lien vers la page du site en question est le suivant :

http://perso.wanadoo.fr/krav-maga/PARIS-KRAV-MAGA/Download/bricolage.pdf

Cliquez sur ce lien et toutes les précisions nécessaires pour vous blesser vous seront gracieusement fournies !

Je considère toutefois que c'est mon devoir de vous avertir, qu'avant de trouver les matériaux adéquats pour réaliser des bâtons d'entraînement incassables, il m'a fallut expérimenter et tester pendant de nombreuses années beaucoup de matériaux différents, tant pour leur résistance et leur faculté d'absorption des chocs que leur longévité, afin de supprimer tout risque de blessure inhérent à leur utilisation, celles le plus couramment constatées avec du matériel inapproprié étant :

- Les fractures : des doigts, des arcades sourcilières, du nez, de la mâchoire, des rotules, des côtes.

- Les atteintes des yeux comme : le décollement de la rétine pouvant entraîner une cécité temporaire ou définitive, la déchirure de la cornée extrêmement douloureuse dont la cicatrisation complète met souvent plusieurs années, l'oeil crevé voire l'énucléation.

Or, il faut savoir que les manches à balai, que ce monsieur recommande pour fabriquer un bâton d'entraînement, ainsi que le PVC creux (les bâtons fabriqués à l'aide de ce type de matériau valent tout de même entre 15 € et 20 € l'unité) sont des matériaux très dangereux particulièrement pour les yeux car ils se brisent en pointes voire en infimes fragments et pénètrent ainsi facilement les chairs. D'autre part, le PVC plein, comme d'autres matières plastiques, a une densité trop importante et génère une onde de choc pouvant entraîner des fractures et peut de surcroît également se briser. Nous retrouvons également les mêmes impératifs dans la fabrication des couteaux d'entraînement que les pratiquants et les professionnels délaissent de plus en plus souvent lorsqu'ils sont fabriqués en bois ou en métal, afin d'éviter tout risque de blessure lors de leur utilisation, sans parler de leur coût s'ils doivent être souvent renouvelés, surtout pour l'aluminium.

Idem pour les fameux bâtons de kali en rotin philippin qui s'ils ne cassent pas en pointes ou en fragments, contrairement au manche à balai, peuvent entraîner également des blessures, se détériorent relativement rapidement et peuvent être renouvelés plusieurs fois dans une même saison ce qui représente un coût certain.

Le but de l'entraînement est le développement de nos facultés, de nos performances et de notre efficacité le moment venu mais n'est en aucun cas d'engendrer des blessures ainsi que de diminuer nos aptitudes physiques. Alors autant limiter au maximum les risques inhérents à toute pratique martiale car nous ne sommes jamais à 100% à l'abri d'un accident. Nous savons tous que dans les salles il n'y a pas que des professionnels, que certains pratiquants ont plus de maîtrise que d'autres, et que notre devoir d'enseignant est de veiller sur tout le monde, de corriger et de conseiller pour justement éviter l'accident regrettable.

Alors soyez vigilants et même si je peux paraître dur dans mes propos à l'égard de monsieur de Baere dont la démarche, je n'en doute pas, partait d'un bon sentiment mais qui n'a sans doute pas pris la mesure des nombreux paramètres et impératifs à prendre en compte ainsi que de la difficulté de réalisation, paraissant évidente et facile au premier abord, d'un simple bâton d'entraînement, il doit prendre conscience que nous devons assumer la responsabilité de nos recommandations et de nos actes quand nous diffusons une information dont le résultat peut être à l'origine d'accidents et donc préjudiciable à la santé d'autrui, personne ne souhaitant être confronté et devoir faire face un jour à ce genre de situation.

Charles Joussot


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